Guadeloupe et Martinique : les alizés de la révolte

Après plus de trois semaines de grève générale qui paralyse la Guadeloupe, de premières discussions ont débuté mercredi à Pointe-à-Pitre entre Yves Jégo, le secrétaire d'Etat à l'Outremer, et les dirigeants du LKP, le collectif «Contre la profitation» qui mène avec brio le mouvement. Toujours sur le même modèle de "médiation" avec un certain désengagement de l'Etat. Aucune déclaration de Nicolas Sarkozy, aucune intervention sur place du Premier ministre, aucun voyage officiel tonitruant... Car le tableau actuel de l'outre mer n'est pas beau à voir.

Alors que les stations-services rouvrent en Guadeloupe, celles de la Martinique ont été prises d'assaut, quand 12 syndicats ont lancé à leur tour un appel à la grève générale. Ils réclament l'augmentation des bas salaires, la défense de l'emploi et la défense du secteur public. Selon leur calcul, le panier de la ménagère motenne est estimé à 70 €, contre 45 en métropole. Et on rappelle que le taux de chômage, estimé à 8% en métropole, dépasse les 20% en Martinique et en Guadeloupe !

Dans un communiqué, l'intersyndicale qualifie la situation en Martinique d’«extrêmement critique». Selon elle, «70.000 Martiniquais vivent en dessous du seuil de pauvreté et le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer» alors que l'on assiste à une «multiplication des licenciements et de la précarisation». Une situation qui «touche les salariés de tous les secteurs d'activité et de toutes les catégories, les retraités, les chômeurs et les personnes à handicap».

Ces syndicats, qui ont élaboré une «plate-forme revendicative en onze points», veulent croire que cette grève, préparée depuis plusieurs semaines, sera très suivie. Yves Jégo n'est pas au bout de ses peines...

Rassemblez-vous, exprimez-vous, sortez dans la rue le 29 janvier


Nous le savons, ce 29 janvier est un comme un ESSAI qui sera reconduit et amplifié lors des journées d’action qui ne manqueront pas en 2009. Car, sur le front de l’emploi et du chômage, la situation s’annonce déjà CATASTROPHIQUE !


Chômeurs, Précaires, FAITES TOUT VOTRE POSSIBLE pour être vus et entendus ce 29 janvier, dans toute la France. Habillez-vous de noir en signe de reconnaissance, en signe de deuil aussi, car la crise (réelle ou feinte par le patronat !) va renforcer vos difficultés à trouver un emploi et jeter à la rue des centaines de milliers de salariés.

Nous sommes aussi au début d'un long mouvement qui sauvera nos emplois et notre dignité face au fric comme seul critère de distinction entre les personnes.

Nous manifesterons notre différence en insistant sur les valeurs spirituelles, philosophiques et humaines du travail, répondant aux préoccupations matérialistes de notre gouvernement.
Ce blog s'associe à tous ceux qui refusent de travailler plus pour consommer plus. Une autre alternative de société est possible, dont il serait temps de débattre ouvertement.

Pour que cette journée de mobilisation massive devienne une double prise de conscience
1/ du gouffre qui sépare les précaires du reste de la population,
2/ du besoin de ne plus subir la pauvreté comme une honte et d'une révision des distinctions de valeurs fondées sur les revenus

infos actuchomage >>> SNCF et EDF : des tarifs inadmissibles

Pour revenir d'une journée de travail loin de mon domicile, j'ai été très étonné par l'augmentation sidérante des tarifs de train. Pour exemple, depuis mon installation en Bourgogne il y a maintenant 5 ans, le Dijon-Mâcon en TER est passé de 10 à 18 euros !!! Quant aux tarifs de l'électricité et du gaz, ils sont aujourd'hui liés à tous les services proposés par les fournisseurs, Bleu Ciel, Dolce Vita... dont je ne comprends même plus la signification tellement l'emballage marketting a été bien conçu. Là encore, on nous sert la crise comme clef universelle et incontestable pour comprendre les politiques tarifaires.


Quelques explications plus pertinentes d'après le site actuchomage.org :

Annoncée lundi par la SNCF, l'augmentation des prix des billets de TGV de 3,5% en moyenne à partir du 13 janvier «ne se justifie pas» et s'inscrit «à rebours de la politique d'éco-mobilité prônée par le gouvernement», juge l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) pour qui «l'argument avancé par la SNCF» — la nécessité de financer un plan d'investissement de 740 millions d'euros qui permettra de créer 3,3 millions de sièges supplémentaires — est «tout bonnement irrecevable». «Cet investissement doit être financé par l'activité supplémentaire qu'il engendrera, et non par une hausse des tarifs des usagers actuels», dénonce-t-elle, d'autant plus que la branche voyageurs a généré en 2007 «plus d'un milliard d'euros de bénéfices». «Pourquoi une branche largement excédentaire doit-elle augmenter ses prix ?» s'indigne-t-elle. Pour l’UFC-Que Choisir, si cette augmentation «est moindre que celle redoutée», elle est «plus élevée que l'inflation actuelle et essentiellement répercutée sur l'usager alors que la SNCF réalise une marge très confortable de 25% sur chaque billet de TGV vendu».

Pierre Gadonneix, le Pdg d'EDF a, lui aussi, annoncé jeudi une hausse des prix de l'électricité dans les prochains mois. «Les Français doivent être conscients que, en euro constant c'est-à-dire hors inflation, les prix de l'électricité sont inférieurs de 30% en 2007 à ce qu'ils étaient il y a vingt ans», a-t-il déclaré. Tout juste devrait-il nous culpabiliser d'avoir, grâce au tarif régulé par l'État, l'électricité la moins chère d'Europe ! Est-ce la raison pour laquelle, en cette période de crise, il faut absolument réduire l'écart avec nos voisins (et nos parents pendant qu'on y est) ? C'est que, a plaidé M. Gadonneix, «nous allons faire des investissements importants». Effectivement, le grand plan de développement prévu depuis trois ans en matière de production d'électricité, notamment d'origine nucléaire, va être réactivé.

Car le grand plan de relance de Nicolas Sarkozy (26 milliards d'euros) prévoit, en particulier, 4 milliards d'investissement supplémentaire pour les entreprises publiques — EDF, GDF, La Poste, la RATP et la SNCF — dont 2,5 milliards… pour la seule EDF, 300 millions pour la SNCF et 200 millions pour GDF-Suez qui, elle, annonce qu'elle va baisser ses tarifs du gaz à partir d'avril !

Le prix de «la crise» et de «la relance», c'est d'abord le contribuable qui va le payer. Qui peut nous expliquer pourquoi l'usager déjà saigné doit, en plus, mettre la main à la poche ?

Nouveau blog, nouvelle présentation, mêmes enjeux...

Je profite de cette nouvelle année pour présenter la dernière version de ce blog. Comme beaucoup d'entre vous, j'avais commencé à écrire - il y a bientôt 4 ans - en choisissant la facilité d'une interface Windows Live Space. Mais les services proposés par Microsoft ainsi que les contraintes de leur politique d'hébergement m'ont poussé à trouver une nouvelle solution. J'ai donc décidé de me plonger un peu plus dans le cambouis du langage html en faisant évoluer certains aspects techniques du blog précédent, toujours consultable à l'adresse http://blogchomeur.spaces.live.com/.

Cela dit, le propos et les enjeux restent les mêmes : mieux comprendre le quotidien des chômeurs et des précaires, refuser l'image négative associée à la pauvreté dans une société de plus en plus matérialiste et financiarisée, dénoncer les nombreux abus des politiques pour l'emploi, et laisser la libre expression à chacun, dans un esprit de participation, de critique constructive et de tolérance.

Sur ces quelques mots, je vous souhaite évidemment le meilleur pour 2009, année qui sera certainement marquée par toute la mauvaise foi des réformes et des discours relatifs à la crise. Espérons que les couleuvres servies par le capitalisme international ne seront pas trop indigestes.
Bonne année à tous !

Le droit au mépris et à la contrainte

Au moment où le gouvernement prévoit (mesure exceptionnelle à l'ordre du jour du conseil des ministres !) de contraindre par la force les sans-abris à rejoindre des centres d'hébergement si la température atteind - 6°, plusieurs questions se posent :
> a-t-on le droit de diriger quiconque dans un lieu inhospitalier (Mme Boutin ne visite que des centres modèles, car les officiels sont toujours ménagés dans leurs déplacements par des équipes de conseillers, au détriment de l'objectivité du terrain), sachant qu'il a une chance sur deux de se faire dépouiller du fruit de sa manche, voire agresser violemment, et qu'il devra de toute façon quitter son animal compagnon/protecteur ?
> que fera-t-on les nuits ordinaires du SDF, quand la température avoisinne 0°, quand il pleut pendant plusieurs jours, ou, inversement, quand la canicule provoque d'autres types de vulnérabilités liées aux pathologies de la rue ?
> quelles seront les mesures concrètes d'accompagnement prises cet hiver pour que PERSONNE ne crève dans la rue, comme notre grande gueule présidentielle l'avait promis en 2006 ?
Car les hivers se succèdent, les plans "grand-froid" se mettent en place à grand renfort de bénévoles, de maraudes, de distributions alimentaires, mais les constats demeurent identiques d'une année sur l'autre.
Plus de 100000 sans abris selon le sociologue Patrick Declerck, près d'un million de personnes au seuil de la rue, et une moyenne d'âge pour les SDF d'environ 42 ans (évaluation Enfants de Don quichotte)... Ces chiffres sont-ils dignes d'un pays développé capable de mobiliser 4 M d'euros en quelques heures pour corriger les erreurs stratégiques de la banque d'investissement DEXIA ?

annexe :
"Il y a des souffrances auxquelles la politique ne peut rien. Mais il y a des souffrances que la politique peut guérir parce qu’elle en est la cause. Apaiser ces souffrances, voilà ce que devrait être la priorité d’une politique qui ne serait pas une politique de renoncement.
Voilà ce que je veux ! (...)

Je veux aider les Français qui souffrent à sortir de leur détresse.
Je veux donner l’énergie de s’en sortir à ceux qui n’en ont plus la force.
Je veux que l’égalité des chances devienne enfin une réalité au lieu d’être seulement une pétition de principe, une affirmation sans cesse démentie.
Voilà ce que je veux ! Voilà ce que je crois juste ! Voilà ce qui est le contraire de l’esprit de capitulation ! (...)

Je propose d’en finir avec le renoncement.
Je propose d’en finir avec l’hypocrisie.
Je propose que tous ces droits deviennent opposables, et que chacun puisse saisir les tribunaux pour les faire respecter.

Je propose qu’on définisse les responsabilités, qu’on laisse le temps nécessaire à chacun pour combler le retard par rapport aux besoins et qu’une fois ce temps écoulé l’opposabilité devant le juge devienne effective.
Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid."

(Intervention de M. Nicolas SARKOZY
Président de l'Union pour un Mouvement Populaire
Discours pour la France qui souffre
Charleville-Mézières – lundi 18 décembre 2006)